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Girardin vs PER 2026 : le comparatif chiffré pour TMI 41-45 %

Présentés comme des concurrents, le Girardin Industriel et le Plan Épargne Retraite agissent en réalité à des étages différents du calcul de l'IR. Ce comparatif rigoureux détaille mécanismes, plafonds, fiscalité de sortie et — surtout — la stratégie hybride PER + Girardin qui maximise l'efficacité fiscale d'un cadre dirigeant TMI 41-45 %.

« PER ou Girardin ? » C'est la question récurrente des cadres dirigeants en TMI 41-45 % qui cherchent à défiscaliser sans saturer un seul dispositif. La formulation est cependant trompeuse : elle laisse entendre qu'il faudrait choisir entre les deux, alors que les deux agissent à des étages différents du calcul de l'IR et sont parfaitement complémentaires.

Cet article pose le mécanisme exact des deux dispositifs en 2026, leurs cinq différences structurelles, le calcul du gain net pour 30 000 € investis dans chaque enveloppe, les profils types qui doivent privilégier l'un ou l'autre, et — surtout — la stratégie hybride PER + Girardin que notre cabinet déploie systématiquement pour maximiser l'efficacité fiscale globale.

1. La fausse opposition Girardin vs PER : pourquoi les 2 sont complémentaires

L'idée que PER et Girardin seraient en concurrence vient d'une confusion fréquente : les deux dispositifs sont présentés comme des « outils de défiscalisation », ce qui suggère qu'ils rempliraient la même fonction. C'est faux. Ils remplissent deux fonctions distinctes au sein du calcul de l'IR.

Le PER agit avant le calcul de l'impôt

Le PER (Plan Épargne Retraite) est un dispositif d'épargne dont les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. La déduction réduit la base de calcul de l'IR : si vous gagnez 200 000 € et versez 20 000 € sur un PER, votre revenu imposable ressort à 180 000 €. L'IR est alors calculé sur cette base réduite. L'économie d'impôt est égale à l'apport multiplié par votre TMI marginale (20 000 × 45 % = 9 000 € pour un TMI 45 %).

Le Girardin agit après le calcul de l'impôt

Le Girardin Industriel (article 199 undecies B du CGI) est un dispositif de réduction d'IR : l'apport vous donne droit à une réduction nominale de votre IR final calculé. Si votre IR ressort à 60 000 € après PER, et que vous souscrivez un Girardin avec apport 25 000 € au rendement T2 19 %, vous obtenez une réduction de 25 000 × 1,19 = 29 750 €. Votre IR final ressort à 30 250 €. Le Girardin a fonctionné sur l'IR déjà calculé, pas sur le revenu imposable.

L'effet d'empilage

Cette différence de positionnement permet d'empiler les deux dispositifs sans qu'ils se cannibalisent. Au contraire, plus le PER est utilisé en amont, plus l'IR projeté baisse, et plus l'apport Girardin nécessaire pour effacer le solde diminue mécaniquement. Sur un revenu de 200 000 €, un cadre TMI 45 % peut typiquement combiner :

  • PER 20 000 € → économie IR 9 000 €, IR résiduel 51 000 €
  • Girardin 42 857 € → réduction 51 000 €, IR résiduel 0
  • Cash sorti total : 62 857 € ; économie IR totale : 60 000 € ; gain net Girardin : 51 000 − 42 857 = +8 143 €

Comparé à un PER seul (60 000 € versés pour économiser 27 000 € d'IR — capital immobilisé) ou à un Girardin seul (50 420 € versés pour effacer 60 000 € — gain net 9 580 €), la combinaison apporte un gain immédiat équivalent plus 20 000 € d'épargne consolidée pour la retraite.

La règle d'or de la combinaison

PER d'abord (pour faire baisser le revenu imposable et donc l'IR projeté), Girardin ensuite (pour absorber l'IR résiduel). L'inverse — Girardin d'abord, PER ensuite — fonctionne aussi mais ne capture pas l'effet de bascule TMI éventuel du PER, qui est le principal levier d'optimisation pour les contribuables bord de tranche.

2. Comment marche le PER 2026 : déduction, plafonnement, sortie en capital ou rente

Le Plan Épargne Retraite, créé par la loi PACTE de 2019 et entré en vigueur en octobre 2019, est l'enveloppe d'épargne retraite individuelle ou collective de référence en France. Il succède aux anciens contrats Madelin, PERP, PERCO et Article 83, dont il reprend les principales caractéristiques en simplifiant la mécanique.

Le mécanisme fiscal des versements

Les versements volontaires sur un PER individuel ou PER d'entreprise compartiment 1 sont déductibles du revenu imposable de l'année du versement, dans la limite d'un plafond annuel. L'économie d'IR immédiate est égale à l'apport multiplié par la TMI marginale du contribuable. Pour un cadre TMI 41 % qui verse 10 000 €, l'économie immédiate est de 4 100 €. Pour un TMI 45 % qui verse 20 000 €, l'économie est de 9 000 €.

Le plafond annuel 2026

Le plafond PER individuel pour 2026 est égal au plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % du revenu professionnel net de l'année N-1, retenu dans la limite de 8 PASS, soit un plafond maximal de 35 194 € en 2026 ;
  • 10 % du PASS de l'année N-1 (4 399 €) si le revenu est faible.

Pour un cadre dirigeant à 200 000 € de revenu professionnel net, le plafond annuel ressort à 20 000 € (10 % de 200 000). Les plafonds non utilisés des 3 dernières années sont reportables et cumulables, ce qui permet à un nouveau souscripteur d'utiliser jusqu'à 4 années de plafond la première année de versement (sous conditions techniques).

Le blocage des fonds jusqu'à la retraite

Le capital placé sur un PER est immobilisé jusqu'au départ effectif à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé limitativement énumérés : invalidité du titulaire ou conjoint, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits chômage, cessation d'activité non-salariée, et — depuis 2019 — achat de la résidence principale. Hors ces cas, le capital est bloqué pour une durée pouvant atteindre 20 à 30 ans selon l'âge de souscription.

La fiscalité de sortie

Au moment de la liquidation à la retraite, deux options : sortie en capital (en une fois ou fractionnée) ou sortie en rente viagère. La fiscalité dépend du choix et du compartiment du PER :

  • Sortie en capital — versements déduits : la part « versement » est imposée au barème progressif de l'IR (sans abattement), et les plus-values au PFU 30 % (ou option barème).
  • Sortie en rente — versements déduits : la rente est imposée au barème progressif de l'IR comme une pension de retraite (avec abattement 10 %), et soumise aux prélèvements sociaux 17,2 % sur la fraction représentant les plus-values.
  • Sortie pour achat résidence principale : fiscalité similaire à la sortie en capital.

Le PER est donc un dispositif de différé fiscal : l'économie d'IR au versement est reprise au moment de la sortie. L'avantage net dépend de l'écart entre la TMI au versement (par exemple 45 %) et la TMI à la sortie (typiquement 30 % à la retraite). Un écart de 15 points donne un gain net actuariel d'environ 15 % de l'apport, hors performance financière du capital sur la durée.

3. Comment marche le Girardin Industriel 2026 : réduction d'IR directe, opération 7-18 mois

Le Girardin Industriel, codifié à l'article 199 undecies B du Code général des impôts, est un dispositif de soutien à l'investissement productif outre-mer. Le mécanisme : un contribuable métropolitain investit dans une SNC ou une SAS de portage qui acquiert du matériel productif (panneaux solaires, équipements professionnels, véhicules utilitaires) destiné à être loué à un exploitant ultramarin pendant 5 ans minimum. En contrepartie de cet investissement, le contribuable bénéficie d'une réduction d'IR supérieure à son apport.

Le mécanisme fiscal

Contrairement au PER, le Girardin n'est pas une déduction du revenu imposable mais une réduction d'IR directe. Le mécanisme : vous versez par exemple 30 000 € en T2 2026 (rendement Financ'île 19 %), vous obtenez une réduction d'IR de 30 000 × 1,19 = 35 700 € sur votre IR de l'année 2026. La différence (5 700 €) constitue votre gain net absolu sur l'opération.

Le rendement contractuel varie selon la période de souscription au sein du millésime. Sur la grille Financ'île Mutual'IR 2026 (taux officiels au 3 mai 2026) :

  • T1 (07/01 → 31/03/2026) : 21-23 %
  • T2 (01/04 → 30/06/2026 — taux actuel) : 19 %
  • T3 (01/07 → 30/09/2026) : 17 % (estimation cabinet)
  • T4 (01/10 → 31/12/2026) : 15 % (estimation cabinet)

Le calendrier opérationnel : 7 à 18 mois

L'opération Girardin se déroule sur un calendrier strict :

  1. J0 — versement de l'apport, signature du bulletin de souscription SNC/SAS.
  2. J + 1 à 6 mois — mise en exploitation du matériel chez l'exploitant ultramarin (obligation d'être bouclée avant le 31 décembre de l'année N).
  3. Mai N+1 — déclaration de la réduction d'IR sur le formulaire 2042-IOM (case 7UY ou 7UZ).
  4. Juillet-août N+1 — émission de l'avis d'imposition par la DGFiP.
  5. 15 juillet N+1 (date pivot) — virement DGFiP du remboursement effectif.

Pour un versement effectué en T2 2026 (mi-mai), la durée totale de l'opération ressort à environ 14 mois jusqu'à l'encaissement du remboursement DGFiP. Pour un versement T4 2026 (mi-novembre), seulement 8 mois. C'est cette compression du délai en fin d'année qui fait monter le TRI annualisé — voir notre analyse dédiée TRI Loi Girardin 2026.

Les plafonds successifs

Le Girardin Industriel s'organise en trois enveloppes avec plafonds croissants :

  • Plein droit : réduction d'IR maximale 40 909 € (sans agrément préalable).
  • Avec agrément DGFiP : réduction d'IR maximale 52 941 € (instruction 6-12 semaines).
  • Girardin Logement Social (article 199 undecies C, dispositif distinct mais combinable) : réduction d'IR maximale 60 000 €.

Le plafond pratique cumulable annuel pour un foyer fiscal optimisant ses combinaisons ressort à environ 60 000 € de réduction d'IR. Le tout entrant dans le plafond global majoré 18 000 € via la mécanique spécifique de la fraction 44 % du gain (voir notre article Loi Girardin TMI 41 vs TMI 45).

La garantie de bonne fin fiscale

Le Girardin présente un risque spécifique : la remise en cause par l'administration fiscale du bénéfice de la réduction d'impôt en cas de défaillance de l'exploitant ultramarin (faillite, cessation d'activité, mise en exploitation tardive). Ce risque est couvert par la garantie de bonne fin fiscale, contrat servi par le monteur ou par un assureur tiers, qui rembourse le contribuable de la réduction perdue en cas de redressement. Notre cabinet n'accompagne que des opérations bénéficiant de cette garantie pleine et entière.

4. Les 5 différences fondamentales PER vs Girardin

Synthèse structurée des cinq axes de divergence entre les deux dispositifs, à intégrer dans le choix.

1. Durée de l'opération

  • PER : épargne immobilisée jusqu'à la retraite (typiquement 15 à 30 ans d'horizon). Capital récupérable mais bloqué.
  • Girardin : opération courte (7 à 18 mois entre versement et remboursement DGFiP). Engagement formel de 5 ans dans la SNC/SAS de portage, mais le contribuable n'a aucune obligation opérationnelle pendant cette période — la SNC est gérée par le monteur.

2. Mécanisme fiscal

  • PER : déduction du revenu imposable. Économie = apport × TMI marginale. Maximum 16 000 € d'économie pour un apport de 35 194 € à TMI 45 %.
  • Girardin : réduction d'IR directe. Économie = apport × (1 + rendement contractuel). Maximum 60 000 € d'économie pour un apport de 50 420 € en T2 (rendement 19 %).

3. Risque

  • PER : risque de marché sur les unités de compte (actions, obligations, fonds immobiliers) ; risque émetteur sur les fonds en euros (rare mais existant) ; risque de baisse du rendement net si frais de gestion élevés.
  • Girardin : risque de redressement fiscal en cas de défaillance de l'exploitant ultramarin (couvert par la garantie de bonne fin fiscale) ; risque de mise en exploitation tardive du matériel ; risque du monteur (sélectionné rigoureusement, ORIAS et capitaux propres à vérifier).

4. Liquidité

  • PER : capital récupérable (au moins partiellement) mais bloqué jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage anticipé. Possibilité de transfert vers un autre PER sans fiscalité.
  • Girardin : aucune liquidité. L'apport est consommé par l'opération, en contrepartie de la réduction d'IR. Pas de capital récupérable au-delà de la réduction obtenue.

5. Plafond et cumul

  • PER : plafond individuel 10 % du revenu professionnel net (max 35 194 € en 2026), cumulable avec les plafonds non utilisés des 3 dernières années. Indépendant du plafond global des niches fiscales.
  • Girardin : plafond pratique annuel ~60 000 € de réduction d'IR. Inclus dans le plafond global des niches fiscales, mais avec mécanique spécifique 44 % du gain net (article 199 undecies B CGI) qui permet en pratique des réductions très supérieures à 18 000 €.

5. Tableau comparatif chiffré : 30 000 € apport PER vs 30 000 € Girardin

Pour matérialiser la différence, voici le calcul complet pour 30 000 € investis dans chaque enveloppe, par TMI marginale.

Critère PER 30 000 € — TMI 41 % PER 30 000 € — TMI 45 % Girardin 30 000 € — T2 (19 %)
Cash sorti 30 000 € 30 000 € 30 000 €
Économie d'IR immédiate 12 300 € 13 500 € 35 700 €
Gain net immédiat −17 700 € (épargne consolidée) −16 500 € (épargne consolidée) +5 700 €
Capital récupérable 30 000 € + perf à la retraite 30 000 € + perf à la retraite 0 € (consommé par l'opération)
Durée d'immobilisation 15-30 ans (jusqu'à la retraite) 15-30 ans (jusqu'à la retraite) 14 mois (T2 → juillet 2027)
TRI sur opération courte n/a (épargne) n/a (épargne) 16,1 % annualisé
Fiscalité de sortie Barème IR + PFU sur PV Barème IR + PFU sur PV Aucune (réduction définitive)

Lecture : les deux dispositifs ne sont pas comparables sur le seul axe « gain net immédiat ». Le PER capture une économie immédiate de 12-13 k€ mais conserve l'apport sous forme d'épargne retraite. Le Girardin capture +5 700 € de gain net immédiat mais consomme l'apport. Ces deux logiques sont complémentaires et doivent être combinées plutôt qu'opposées.

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6. Quand choisir le PER : profil type et scénarios

Le PER s'impose comme dispositif prioritaire dans plusieurs configurations spécifiques.

Profil type PER prioritaire

  • Cadre 35-50 ans, horizon retraite 15-25 ans.
  • Souhaite consolider une épargne retraite en plus de défiscaliser.
  • TMI marginale 41-45 % aujourd'hui, TMI projetée à la retraite 30 % (différentiel TMI favorable).
  • N'a pas saturé son plafond PER individuel.
  • Cherche un dispositif sans risque de redressement fiscal.

Scénario 1 — TMI 41 % bord de tranche

Profil : ingénieur senior 105 000 € de revenus, célibataire, TMI 41 % (revenu imposable juste au-dessus du seuil 84 671 €). Un PER de 10 000 € fait basculer la TMI marginale à 30 %, générant une économie d'IR effective de 4 100 € sur le versement, plus une économie d'IR additionnelle de 1 100 € sur la fraction du revenu qui passe de TMI 41 à 30. Total économie : 5 200 € pour 10 000 € versés (ratio 52 %). Difficile à battre par un Girardin sur ce profil.

Scénario 2 — Préparation retraite proche

Profil : cadre dirigeant 55 ans, revenus 180 000 €, TMI 41 %, retraite prévue à 64 ans (9 ans d'horizon). Versement annuel 18 000 € sur PER pendant 9 ans = 162 000 € capitalisés, plus performance financière 30-35 % sur 9 ans = ~210 000 €. Sortie progressive en capital sur 5 ans à TMI 30 % (retraite). Économie nette actuarielle : ~15 000 € par an sur la durée du dispositif.

Scénario 3 — Liquidation différée résidence principale

Profil : cadre 40 ans, projet d'achat résidence principale dans 5-7 ans. Versement annuel 12 000 € sur PER, économie immédiate 5 400 €/an à TMI 45 %, déblocage anticipé prévu pour l'apport résidence principale. L'épargne PER joue le rôle d'apport futur tout en générant l'économie fiscale aujourd'hui.

7. Quand choisir le Girardin : profil type et scénarios

Le Girardin Industriel s'impose comme dispositif prioritaire dans 4 configurations distinctes.

Profil type Girardin prioritaire

  • Cadre/dirigeant TMI 41-45 % avec IR projeté supérieur à 20 000 €.
  • A déjà saturé son plafond PER (ou ne souhaite pas immobiliser de capital long terme).
  • Recherche un gain net immédiat plutôt qu'une épargne consolidée.
  • Tolère le risque opérationnel encadré par la garantie de bonne fin fiscale.
  • Souhaite optimiser le TRI annualisé sur cycle court (15-23 % en 7-18 mois).

Scénario 1 — Plafond PER saturé

Profil : dirigeant 250 000 € de revenus, TMI 45 %, IR 80 000 €. Plafond PER individuel 25 000 €, déjà utilisé en intégralité depuis 3 ans (pas de report disponible). PER complet = économie 11 250 €. Reste à effacer : 68 750 € d'IR. Le Girardin Industriel agrément (52 941 €) + Logement Social (15 800 €) couvre le solde. Pas d'alternative aussi efficace en cash net immédiat.

Scénario 2 — Approche retraite, PER peu pertinent

Profil : cadre 60 ans, revenus 220 000 €, TMI 45 %, retraite à 64 ans (4 ans d'horizon). Le PER à cet horizon n'apporte que peu d'effet de levier (capital récupérable à la retraite mais fiscalité de sortie immédiate). Le Girardin capture 8 000-10 000 € de gain net immédiat sur 14 mois. ROI nettement supérieur sur cet horizon court.

Scénario 3 — Cashflow priorisé sur épargne

Profil : chef d'entreprise 300 000 € de revenus, TMI 45 %, qui priorise le cashflow disponible immédiatement (réinvestissement dans l'entreprise, opérations immobilières) plutôt que l'épargne consolidée. Le Girardin libère 8-15 000 € de cash net immédiat utilisable, contre une économie PER équivalente sous forme d'épargne bloquée 10-20 ans.

Scénario 4 — TMI 45 % structurelle, PER non pertinent

Profil : associé senior cabinet professionnel, TMI 45 % toute la carrière, retraite projetée à TMI 41 % (haut niveau de pension cumulée + revenus mobiliers). Le différentiel TMI versement vs sortie PER est de seulement 4 points — l'avantage net actuariel du PER ressort à 4 % de l'apport, contre 19 % de gain net Girardin sur 14 mois. Le Girardin gagne nettement sur ce profil.

8. La stratégie hybride PER + Girardin : calcul concret optimisé

La stratégie déployée systématiquement par notre cabinet pour les cadres dirigeants TMI 41-45 % consiste à combiner les deux dispositifs dans une séquence optimisée. Le calcul ci-dessous montre l'ampleur du gain par rapport à un dispositif utilisé isolément.

Cas type — Cadre dirigeant 200 000 € de revenus, TMI 45 %, IR 55 000 €

Profil : directeur d'unité opérationnelle, salaire brut 200 000 €, célibataire, IR avant défiscalisation environ 55 000 €. Plafond PER individuel disponible : 20 000 €. Plafond Girardin Industriel plein droit : 40 909 €.

Option A — PER seul

  • Versement PER : 20 000 €
  • Économie d'IR : 20 000 × 45 % = 9 000 €
  • Cash sorti net : 11 000 € (devenu épargne PER)
  • IR résiduel à payer : 46 000 €
  • Total IR effacé : 9 000 €

Option B — Girardin seul

  • Apport Girardin Industriel agrément : 46 218 €
  • Réduction d'IR : 55 000 €
  • Gain net : +8 782 €
  • Cash sorti net : 46 218 − 55 000 = −8 782 € (économie cash nette)
  • IR résiduel à payer : 0 €
  • Total IR effacé : 55 000 €

Option C — Stratégie hybride PER + Girardin

  1. Versement PER 20 000 € → économie IR immédiate 9 000 € → IR résiduel 46 000 €
  2. Apport Girardin Industriel plein droit 38 655 € → réduction 46 000 € (en T2 19 %)
  3. Gain net Girardin : 46 000 − 38 655 = +7 345 €

Bilan combiné Option C :

  • Cash sorti total : 20 000 (PER) + 38 655 (Girardin) = 58 655 €
  • Économie d'IR totale : 9 000 (PER) + 46 000 (Girardin) = 55 000 € (IR entièrement effacé)
  • Gain net immédiat Girardin : +7 345 €
  • Épargne PER consolidée : 20 000 € + performance future
  • IR résiduel à payer : 0 €

Comparaison des trois options

Critère Option A — PER seul Option B — Girardin seul Option C — Hybride
Cash sorti 20 000 € 46 218 € 58 655 €
IR effacé 9 000 € 55 000 € 55 000 €
Gain net immédiat 0 € +8 782 € +7 345 €
Épargne consolidée 20 000 € 0 € 20 000 €
Économie globale capturée 9 000 € (immédiat) 8 782 € (immédiat) 27 345 € (gain + épargne)

L'Option C capture ~3 fois la valeur globale de l'Option A (9 000 € vs 27 345 € en valeur économique cumulée) et environ 3 fois celle de l'Option B (8 782 € vs 27 345 €). Le différentiel vient du fait que la combinaison PER + Girardin actionne deux étages fiscaux distincts au lieu d'un seul. Pour un cadre dirigeant TMI 41-45 % sans contrainte de liquidité majeure, c'est la stratégie de référence.

Limite à connaître

L'Option C suppose que le contribuable dispose effectivement de 58 655 € de cash mobilisable sur l'année. Pour un revenu de 200 000 €, après IR (55 000 €), charges sociales et niveau de vie, ce montant peut être tendu — il faut alors prioriser. La règle cabinet : si le cash disponible est inférieur à 50 000 €, viser l'Option B (Girardin seul, plus efficace en gain net immédiat). Si supérieur à 50 000 €, viser l'Option C systématiquement.

Pour aller plus loin sur le calibrage par TMI, voir notre article complet Loi Girardin TMI 41 vs TMI 45. Pour la mécanique TRI annualisé, voir TRI Loi Girardin 2026. Pour le séquencement opérationnel mois par mois, voir Calendrier Girardin 2026.

FAQ — Girardin vs PER 2026

Girardin ou PER : que choisir en 2026 pour défiscaliser ?

Les deux dispositifs ne s'opposent pas : ils agissent à des moments différents du calcul de l'IR et sont complémentaires. Le PER (Plan Épargne Retraite) déduit l'apport du revenu imposable avant calcul de l'impôt — son économie est égale à l'apport × TMI. Le Girardin Industriel réduit directement l'IR final calculé — son économie est égale à l'apport × (1 + rendement contractuel 15-23 %). La séquence optimale pour un cadre dirigeant TMI 41-45 % consiste à utiliser le PER en premier (pour faire baisser le revenu imposable et l'IR projeté), puis à calibrer le Girardin sur l'IR résiduel.

Quelles sont les 5 différences fondamentales entre Girardin et PER ?

Cinq différences structurantes : (1) Durée — Girardin : opération de 7 à 18 mois ; PER : épargne immobilisée jusqu'à la retraite (20-30 ans typiquement). (2) Mécanisme fiscal — Girardin : réduction d'IR directe ; PER : déduction du revenu imposable. (3) Risque — Girardin : risque de redressement fiscal couvert par garantie de bonne fin fiscale ; PER : risque marché sur les unités de compte, risque émetteur sur fonds euros. (4) Liquidité — Girardin : aucune liquidité (capital perdu en contrepartie de la réduction) ; PER : épargne récupérable mais bloquée jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé). (5) Plafond — Girardin : plafond pratique ~60 000 € de réduction ; PER : 10 % du revenu professionnel net (max 35 194 € en 2026).

Quel gain net pour 30 000 € investis en PER vs Girardin pour un cadre TMI 45 % ?

Pour un cadre TMI 45 % qui verse 30 000 € : (1) PER — économie d'IR immédiate 30 000 × 45 % = 13 500 € ; capital de 30 000 € préservé sur le PER (rendement variable selon supports choisis) ; sortie en rente ou capital fiscalisée à la retraite. (2) Girardin Industriel T2 grille Financ'île — apport 30 000 €, réduction d'IR 35 700 €, gain net immédiat +5 700 €, capital perdu (consommé par l'opération). Le PER capte 13 500 € d'économie immédiate mais immobilise 30 000 €. Le Girardin capte 5 700 € de gain net immédiat mais consomme l'apport. Les deux logiques ne sont pas comparables sans intégrer la durée et le risque de chaque enveloppe.

Quand privilégier le PER sur le Girardin ?

Le PER s'impose dans 4 cas : (1) Vous voulez préparer votre retraite en plus de défiscaliser. (2) Vous êtes en TMI 41 % bord de tranche et le PER peut faire basculer votre TMI à 30 %. (3) Vous voulez conserver l'épargne (capital récupérable même si bloqué). (4) Vous n'avez pas atteint votre plafond Madelin ou PER individuel. Le Girardin reste pertinent en complément, mais le PER est prioritaire si l'horizon retraite est dans 15-20 ans et que la liquidité du capital compte.

Quand privilégier le Girardin sur le PER ?

Le Girardin s'impose dans 4 cas : (1) Vous avez déjà saturé votre plafond PER (10 % du revenu pro, max 35 194 € en 2026). (2) Vous cherchez une économie d'IR supérieure à votre TMI marginale (le Girardin offre 15 à 23 % de rendement net en 7-18 mois, soit un TRI annualisé de 15 à 23 %, supérieur à la TMI 45 % en termes de cash net immédiat). (3) Vous êtes proche de la retraite (5-10 ans) et un PER apporte peu d'effet de levier. (4) Vous priorisez le cashflow immédiat sur l'épargne consolidée. Le Girardin maximise le gain immédiat ; le PER maximise l'épargne future.

Peut-on cumuler PER et Girardin la même année ?

Oui, sans restriction. Les deux dispositifs sont indépendants : le PER agit sur le revenu imposable (avant calcul de l'IR), le Girardin réduit l'IR final calculé. Les plafonds des deux dispositifs sont distincts et cumulables. Notre cabinet recommande systématiquement aux cadres dirigeants TMI 41-45 % de combiner les deux : PER au plafond Madelin/individuel pour faire baisser l'IR projeté, puis Girardin Industriel calibré sur l'IR résiduel pour absorber le solde. Cette stratégie hybride génère typiquement +30 à +50 % d'économie globale par rapport à un seul dispositif utilisé isolément.

Quels sont les plafonds PER 2026 pour un cadre dirigeant ?

Pour 2026, le plafond PER individuel est égal au plus élevé des deux montants suivants : (1) 10 % du revenu professionnel net de l'année N-1, retenu dans la limite de 8 PASS (soit 35 194 € maximum) ; (2) 10 % du PASS de l'année N-1 (soit 4 399 €) si le revenu est faible. Pour un cadre dirigeant à 200 000 € de revenu professionnel, le plafond annuel PER ressort donc à 20 000 € (10 % de 200 000). Les plafonds non utilisés des 3 dernières années sont reportables. Pour un travailleur indépendant avec contrat Madelin ou PER d'entreprise, des plafonds spécifiques s'ajoutent.

La sortie en capital du PER est-elle fiscalisée ?

Oui. La sortie du PER en capital à la retraite (ou en cas de déblocage anticipé pour résidence principale) est fiscalisée : la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème progressif de l'IR (en plus de l'éventuel PFU sur les plus-values), ce qui peut entraîner une fiscalité plus lourde au moment de la sortie qu'au moment des versements si la TMI a baissé entre-temps (typique du passage en retraite). La sortie en rente est imposée au barème IR comme une pension de retraite. Le Girardin n'a pas de fiscalité de sortie : la réduction d'impôt est définitive, le capital est consommé.

La garantie de bonne fin fiscale du Girardin équivaut-elle à la sécurité du PER ?

Non, ce sont deux types de garanties différentes. La garantie de bonne fin fiscale couvre le risque spécifique de remise en cause par l'administration fiscale du bénéfice de la réduction d'IR Girardin (en cas de défaillance de l'exploitant ultramarin, par exemple). Le PER n'a pas ce risque, mais expose au risque de marché sur les supports d'investissement choisis (unités de compte) et au risque émetteur sur les fonds en euros. Les deux dispositifs comportent donc des risques de natures différentes, à intégrer dans le profil global de l'investisseur.

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